Le Musée de la Ville de Richelieu, haut lieu historique situé en Indre et Loire, a proposé cet été une belle exposition sur le thème de la dentelle. Comme beaucoup d'entre nous, fascinée par
ces ouvrages magnifiques réalisés le plus souvent par des mains féminines, je n'ai pas résisté longtemps au plaisir de prendre quelques photos que je souhaite maintenant vous montrer.
Des pièces prestigieuses et du matériel dentellier de différents pays étaient présentés, illustrant cet art de son origine à nos jours. La dentelle au fuseau dont l'origine remonterait au 16ème
siècle serait née en Italie et en Flandre. Cette technique novatrice utilisée par les femmes, fit suite à celle de la passementerie composée de fils de métal (or, argent, cuivre) et pratiquée
plus particulièrement par les hommes.
Fuseaux anciens et modernes
Quelques robes fin 19ème, début 20ème siècle :
Il est difficile de savoir si celles-ci ont été confectionnées à la main ou mécaniquement, l'industrialisation de la dentelle s'étant imposée au 19ème siècle au détriment du travail manuel
des dentellières.
Détail d'un corsage ancien...
et d'un haut de robe moderne
Prendre l'autoroute pour gagner du temps, c'est bien, mais si en plus on nous offre l'opportunité de nous cultiver, c'est mieux !
Et c'est un peu ce qui se passe si l'on s'arrête sur l'Aire de Lozay, Charente-Maritime, en direction de Bordeaux.
Car là en effet, on trouve une exposition - sorte de musée en plein air-, consacrée à l'Art roman en Saintonge aux 10 et 11ème siècles.
Cet espace culturel a été créé à l'initiative du Conseil Général et de la Société des Autoroutes du Sud de la France, une idée que l'on aimerait voir reprise un peu plus souvent dans
d'autres régions de notre pays...
Tout d'abord, pour ceux qui s'y intéressent, un peu d'histoire :
Divisions régionales au 10ème siècle
A la fin du Xe siècle, tandis que le pouvoir royal s'affaiblit, un pouvoir féodal s'instaure et les régions affirment leur
identité sous la houlette de grands princes soucieux de renforcer leur autorité. Ceux-ci s'assurent le soutien de l'Eglise par des donations et favorisent ainsi l'implantation de nouvelles
paroisses. La Saintonge en particulier, se couvre rapidement de nombreux édifices religieux.
Les bâtisseurs d'alors rivalisent de talent, d'esprit satirique, mais aussi d'humour en nous livrant ce témoignage : une image de la société de leur époque.
D'où l'intérêt de cette exposition qui propose à notre regard de visiteurs du 21 siècle, un très bel ensemble de sculptures où l'imaginaire et le réel s'entremêlent.
Les arcatures, voussures, modillons et autres chapiteaux qui ornent les églises romanes médiévales sont peuplés de personnages allégoriques, de montres, d'êtres humains, mais aussi de faune et de flore. Dans les thèmes abordés, on retrouve souvent la symbolique évoquant la lutte du Bien contre le Mal...
Quant à moi, je vous propose quelques photos illustrant ces propos :
Portail de l'Eglise d'Echebrune : entrée de l'exposition
Oiseaux à tête humaine
Thème de l'adultère ou le mari trompé : à droite, celui-ci tente d'emmener sa femme qui subrepticement, tend la main vers son amant (malicieux l'artiste !)
Châpiteaux ornés de beaux motifs floraux
Ci-dessous, Deux têtes de Lions (?) dont les
originaux sont placés sous la coupole de l'église, semblent surveiller les faits et gestes des fidèles...
Ce monstre tient apparemment un être humain dans sa gueule.
Le thème du Léviathan est souvent présent, il symbolise les portes de l'enfer pour les âmes damnées....
Assez dissuasif, non ?
En voici d'autres représentations :
Mais avant d'arriver en enfer, il est bon de faire peser son âme par Saint-Michel :
Là, le diable veille puisque il essaie de faire pencher la balance de son côté ! Ce pauvre être semble bien mal parti pour sa vie éternelle !...
A SUIVRE...
Voici la suite de cette halte culturelle sur une aire d'autoroute en Saintonge que je vous ai proposée il y a quelques temps.
Avant de reprendre la visite du jardin de sculptures, un petit arrêt s'impose devant un espace clos, dont le dessin géométrique évoque les jardins de cloîtres.
D'une façon générale, les jardins médiévaux avaient à la fois une fonction utilitaire : culture de simples (plantes médicinales) et de plantes potagères et
aromatiques, et une fonction d'agrément par les plantes ornementales liées à la symbolique de l'amour courtois et utilisées dans la fabrication des parfums. Ces jardins, très bien pensés,
couvraient donc tous les besoins des habitants du lieu (château, abbaye,etc...).
Ainsi que je le disais dans le précédent volet de cet article, les sources d'inspiration des sculpteurs de l'art roman sont multiples et les motifs floraux ou végétaux sont abondamment utilisés,
bien souvent associés à des représentations animales. A ce sujet, la statuaire romane propose un bestiaire varié, allant de l'animal domestique aux animaux exotiques comme les lions,
éléphants, singes, parfaitement connus au 12e siècle, ou encore fantastiques.
L'une des techniques habituelles pratiquées à cette époque est la "réduction" du corps humain à quelques éléments significatifs comme la tête et les mains
:
Autre figure courante de l'art roman, "l'engoulant" sorte de tête monstrueuse qui "engoule" une poutre ou une colonne. A rapprocher du Léviathan...
Les églises du sud-ouest de la France étaient souvent ornées de grandes sculptures de cavaliers, presque toutes disparues aujourd'hui. Voici le Cavalier de
Melle qui pourrait représenter l'Empereur Constantin (premier empereur chrétien), parfois confondu avec Charlemagne ou Saint Martin.
Un certain nombre de ces sculptures ont reproduites par des Compagnons du Tour de France, on croirait vraiment être en présence des
originaux...
Impensable pour une jardiniere telle que moi, plutôt "accro" de nature et de jardins, de manquer l'incontournable rendez-vous proposé par les Floralies de Nantes tous les cinq ans...
Ce genre de manifestation comporte inévitablement des aspects commerciaux non négligeables certes, mais que je goûte assez peu, donc, je passerai rapidement sur la question. Cependant, il
n'en demeure pas moins que cette prestigieuse exposition offre aux participants : horticulteurs, pépinières, associations diverses, collectivités locales ou étudiants, l'occasion de faire preuve
d'imagination, de créativité, et souvent de grand talent. Ils méritent tous notre reconnaissance et nos remerciements pour l'immense travail accompli.
Vous l'aurez compris, c'est cet aspect des choses que je recherche et que je souhaiterais, très modestement, vous faire partager...
Cette année, le fil conducteur retenu par les organisateurs est "le pouvoir des plantes dans leur propre existence et leur contribution à notre vie planétaire". Tout un programme !
Le site de la Beaujoire, qui se prête admirablement à ce genre de réalisation accueille dans ses grands "Halls" les différents thèmes choisis : les Harmonies, les Légendes, les
Métamorphoses, la Pureté, la Séduction, les Contrastes et la Planète.
Je retiens de cette visite que la défense de notre environnement, de la biodiversité, a été particulièrement mise en exergue et j'en ai été heureusement surprise. Il est en effet urgent
d'agir, d'informer, de sensibiliser le public et j'espère que le message est passé.
LES METAMORPHOSES.....
Le pouvoir des fleurs par "leur capacité à filtrer l'eau et l'air, contribue à la qualité de notre cadre de vie"...
Ce thème est développé dans les Halls des Métamorphoses et de la Pureté
"Un Jardin bien dans son assiette", mais cerné par une bien étrange machine.... dont se demande.... Inquiétant peut-être !
Un petit conseil, évitez de semer votre argenterie sur la pelouse comme ci-contre, vous pourriez avoir des problèmes !!
Les Apiculteurs sont un peu inquiets sur le devenir de leurs abeilles et à juste titre en raison de la pollution et des traitements chimiques. Il faut savoir que l'Apiculture contribue pour une
bonne part à ce que nous trouvons, nous, dans notre assiette puisqu'elle représente en France "35% de la masse alimentaire et 65% de la diversité alimentaire..."
Action de la pollution sur la végétation environnante
Ruche et rayons de miel
Autre sorte de ruche
Par une agriculture raisonnée, biologique, l'homme contribue à sa propre sauvegarde mais également à celle
de la planète. Il y a encore beaucoup à faire mais je reste optimiste malgré tout. D'ailleurs, ...il n'y a pas d'autre choix !
A BIENTOT...
La visite du Hall consacré aux LEGENDES nous plonge dans une atmosphère très particulière où le
fantastique et le mystère s'interpénètrent étroitement.
J'évoquerai ici quelques-unes d'entre elles, mises en scène tout spécialement pour les Floralies.
LA VOUIVRE
"Dans les campagnes, entre Bresse et Dombes, une légende court au-dessus des étangs... Un être fantastique, mi-femme, mi-serpent vient s'y baigner à la tombée de la nuit, déposant sur la berge
son diadème orné d'un énorme rubis.
Les garçons des environs, attirés par ces richesses, rôdent la soir à sa recherche espérant mettre la main sur sa couronne, mais malheur à celui qui osera... La légende dit que des nuées de
serpents sortant de l'eau viendront châtier l'imprudent... "
NATURE ENVOUTANTE ET JARDIN
D'ELFES
Dans une forêt mystérieuse, des elfes et des fées nous dirigent vers un lieu évoquant de terribles affrontements entre preux chevaliers, ainsi qu'en témoignent les restes d'armures, lance, épée,
étendard, éparpillés sur le sol...
LEGENDE
DE SAINT-MARTIN
La Ville de Vertou nous conte la légende de Saint-Martin selon laquelle ce dernier planta son bâton de pélerin qui prit racine à l'emplacement de la cure actuelle pour devenir un arbre, un
If.
On remarquera que les mains et le visage du personnage figurant St Martin, sont réalisés en vannerie, ce qui donne un aspect un peu particulier.
LE KORRIGAN
NAUFRAGEUR
A Brest, le choix s'est porté sur les méfaits opérés par un Korrigan (du breton, korr : nain), sur les rivages du Finistère nord. C'était en des temps immémoriaux très certainement, car de
nos jours... enfin qui sait ? Quoi qu'il en soit, mieux vaut respecter les conseils indiqués sur le parchemin ci-dessous, on ne sait jamais....
BROCELIANDE
Pour
nombre d'entre nous, celtes ou non, la forêt de Brocéliande lieu mythique et féérique, évoque aussitôt Merlin l'Enchanteur, le Prophète, le Sage, le Mage. Les Bretons y situent son tombeau et la
légende dit que Merlin et la Fée des bois, Viviane, s'y retrouvaient dans un palais de cristal de roche construit sur un socle de basalte noir...
Cette forêt, peuplée dit-on d'êtres surnaturels, continue de nos jours à alimenter l'imaginaire de tous ceux
qui la visite :
Quelque part, cette présentation m'a rappelé la Fête des Citrons de Menton...
Comme de nombreux visiteurs, je me suis quelque peu attardée, admirative, devant la belle réalisation du GAAFLA de Cordemais qui avait choisi de confectionner une robe du soir à
crinoline munie de ses accessoires, le tout dans une harmonie de vert ponctué de fleurs roses. Pas facile à photographier vu le nombre de personnes intéressées par le sujet ! Il faut
dire que c'était un remarquable travail de végétaux, à ne pas manquer.
Toujours dans l'esprit des créations collectives, qui étaient nombreuses, une sorte de chemin fleuri de
vert, de blanc et de rose, menait vers les compositions d'ART FLORAL, occidental et asiatique...
Au détour d'un couloir, deux curieux personnages, oeuvres d'un Centre de formation de Loire-Atlantique, semblaient attendre que l'on s'intéresse un peu à eux. Et c'est ce que j'ai
fait....
A SUIVRE....
LA PURETE
Attirés par ce vocable au sens précis et vaste à la fois, nous avons très vite compris que l'environnement était la notion essentielle et au fil de la visite, nous
avons découvert les sujets abordés : écologie, pollution, dépollution, recyclage, ondes de forme, bien-être par les plantes, etc ....
D'ailleurs, l'entrée franchie, c'est sur une zone manifestement très malade : un mur de pneus, des égoûts déversant leur pollution dans un ruisseau, que l'on
tombe littéralement..... Bref caricature de l'un des aspect les plus noirs de notre société de consommation...
Bon, pas de panique ! En s'avançant on constate que ledit ruisseau, beaucoup plus clair après être passé par une zone intermédiaire où croissent un certain
nombre de plantes (dépolluantes ?), baigne à présent les rives d'un joli jardin fleuri.... Ouf ! la preuve qu'on peut faire quelque chose et que la pollution n'est pas
irrémédiable ! Toujours le Pouvoir des Plantes bien sûr, thème de ces Floralies, il ne faut pas l'oublier....
Même si je ne suis pas le sens de la visite, j'enchainerai par les Zones humides qu'il convient absolument de protéger pour leur rôle essentiel
dans la survie de la biodiversité et de la faune aquatique. Un belle représentation d'un marais nous était proposée :
Les créateurs du site n'ont omis aucun détail, les barques, le ponton, toutes les plantes d'eau imaginables.. Tout y était ! Juste une petite chose, moi qui vit
près de la Brière, la chaine de montagnes au fond m'a un peu troublée... Mais après tout, pourquoi pas ?
D'autres professionnels en horticulture ont réalisé un jardin "radionique". Explications : alternative occidentale au jardin Feng Shui, le Jardin radionique "allie les recherches
d'un esthétisme épuré à un équilibre des forces et des tensions" par le biais des ondes de formes, des lignes maitresses et des points d'ancrage...
Dans un genre beaucoup plus bucolique, je voulais montrer un joli banc rustique constitué de branches, écolo en diable et planté au beau milieu d'un tapis de fleurs
des champs... Je n'ai pas résisté au plaisir de la photo !
Au fond, on aperçoit un Moulin aérogénérateur, reproduction réalisée par la Ville de Saint-Mars-du-Désert afin d'évoquer la production d'électricité par l'énergie
éoliennne..... Ancien modèle de nos éoliennes modernes qui peuplent peu à peu nos campagnes....
Total changement de décor avec ce paysage lacustre et son envol de grues, belle réalisation très épurée proposée par la Corée du Sud. A y regarder
de plus près, les oiseaux sont en métal plié, façon Origami. Beaucoup de talent....
Pour revenir un Bretagne, un professionnel s'est lancé dans la confection d'un immense massif de fleurs plantées... dans des bouteilles de vin
(vides ! naturellement !). Originale idée de récupération et détournement de contenants, car je pense que c'était l'objectif du créateur.
J'achèverai ce tour d'horizon de la Pureté par la proposition des fleuristes de la franchise Oya qui se sont tournés vers le bien-être apporté par
le végétal et le minéral : une invitation à l'apaisement....
Des sphères aériennes figurant des planètes à protéger, des plantes dépolluantes pour purifier notre environnement quotidien, constituent un ensemble très agréable à regarder
comme vous pouvez en juger :
A SUIVRE...
Le point de chainette, peu solide à l'usage, se vit remplacé par le point noué réalisé avec une
machine construite par l'Américain Elias Howe en 1846. On constate qu'en 15 ans les progrès sont déjà considérables et l'évolution de la machine à coudre bien entamée :
On distingue la marque de fabrique sur le plateau à droite : le portrait d'E. Howé en médaillon.
La machine à coudre connut ensuite une ascension fulgurante avec la première Singer brevetée en 1851, ce qui permit de diffuser auprès des familles en particulier cet objet de luxe que l'on
devait placer en évidence dans le salon... Il faut dire que les machines de l'époque étaient richement décorées.
De nombreux autres fabricants s'emparèrent également du marché et des modèles destinés aux métiers de
l'industrie, l'artisanat ou le jouet furent proposés.
Ici une machine de Cordonnier sur son bâti en fonte (1890-1900) :
Celle-ci permettait de coudre le cuir...
Les concepteurs de ces engins ne manquaient pas d'imagination créative et avaient le souci du détail, comme en témoignent les pédaliers ci-dessous :
Le secteur du jouet ne fut pas oublié et certainement, de nombreuses petites filles se trouvèrent
dotées à Noël d'une machine à coudre comme maman !
Ce fut d'ailleurs mon cas, mais la mienne n'était pas aussi luxueuse que celle-ci, autant que je me
souvienne...
Pour finir une vidéo sonorisée :
Cet aperçu de l'histoire de la machine à coudre résulte d'une visite d'un petit musée insolite situé à
Nantes, créé par un ancien professionnel devenu collectionneur passionné. Sa collection comporte plus de 100 modèles pour une quarantaine de marques différentes, de 1865 à 1976... Un site à
découvrir...
http://www.machinesacoudre.fr